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Site

www.couqueberg.com

 
 

Michel Couqueberg, né à Dijon le 25 avril 1946, a toujours été attiré par le dessin ; après des études techniques, il devient professeur. Autodidacte, n’ayant jamais suivi de formation artistique, il se lance dans la création, en 1978, en choisissant la sculpture.


C’est dans l’animal qu’il trouve sa voie, domaine dans lequel s’est illustré le sédélocien François Pompon, au début du XXème siècle, artiste pour lequel il a toujours eu une grande admiration.

La sculpture animalière lui permet de faire jouer sa sensibilité et son goût pour la nature et la liberté.

Tout commence par une longue et patiente observation bien attentive des animaux surpris dans leurs attitudes, puis, faisant jouer sa réflexion autant que son imagination, il dessine l’animal en deux lignes, trois mouvements, la silhouette est fixée d’un premier jet parfait, le tracé du crayon définit la forme, l’attitude, mais également la manière dont l’animal occupe l’espace, qu’il soit au repos, aux aguets ou en mouvement ; son bestiaire, saisissant de vie, est étendu, touchant aux trois éléments : l’air, la terre, Ia mer.

Fasciné par les formes, Michel exprime cette passion dans le dessin, porté par ce sentiment qu’il peut encore et toujours plus épurer les lignes.


Vient alors le temps de la sculpture ; la variété et la complexité technique des divers matériaux ne le rebutent pas : le bois, Ia fonte d’aluminium, le bronze et, plus surprenant l’Altuglas, à la cristalline pureté.


Il va à la vision essentielle : dépouillement, idéalisation, suggestion plus que réalisme ; la surface lisse enferme la plénitude de la forme, en éliminant l’accessoire et le détail. Pas de poils, de plumes, de griffes ni d’yeux et pourtant l’animal est bien là, bien vivant, tout de suite identifiable par sa silhouette, son attitude, sa pose, son mouvement.


Du modèle en plâtre à l’objet fini se succède une série d’étapes qui tiennent de la haute technicité et que Michel
Couqueberg assume seul, ne laissant à personne d’autre le soin d’exécuter le travail de ciselage et de polissage.

Ajusteur de formation, il sait manier l’outil et aime garder le contact avec la matière et surtout le métal.

Arrive alors une des étapes, sinon la plus importante, du moins la plus décisive sur le résultat final : la patine que Michel tient à réaliser lui-même. Ce travail est long et fastidieux : c’est le choix réfléchi d’une teinte, sa préparation délicate, son application minutieuse sur l’objet. Il faut en effet arriver à capter la lumière, à faire vibrer la surface, à intensifier la courbe du corps pour mettre en valeur le relief et animer la matière pour la faire palpiter.


Mais le patient travail de notre sculpteur ne s’arrête pas là, il pousse le souci d’esthétisme jusqu’à doter chaque pièce d’un socle unique, rare, de marbre ou de pierre de différentes origines.

Se libérant au fil des années de l’influence de François Pompon, Michel Couqueberg sait se souvenir des propos de Constantin Brancusi, pour lequel il avoue une certaine admiration : « plus la forme est simple, plus il y a de force et de beauté ».


Parfois il s’évade dans un genre plus symbolique, en adoptant une démarche brancusienne formes lisses, rondes, lovées imprégnées de douceur et de sérénité.


Sa maîtrise parfaite de la technique lui permet de créer, avec la même aisance, des œuvres de petite taille ou, dans le cadre de commandes publiques, de grandes dimensions.

Michel Couqueberg fait preuve d’une maîtrise et d’une maturité qui se renforcent au cours des ans, allant toujours plus loin, dans l’élaboration des lignes, le dynamisme des formes, le raffinement des patines, à la recherche d’un résultat de plus en plus épuré au fil du temps et, paradoxalement, de plus en plus complexe à réaliser.

« La sculpture est avant tout un échange spirituel entre l’espace, la matière et la lumière » aime-t-il à dire.


Catherine Gras

Conservateur au musée des Beaux-Arts

Dijon